Le programme « Business et Biodiversité » de l’UICN (l’Union internationale pour la conservation de la nature) a publié un rapport intitulé “Le Temps des entreprises Biodiversité”. Ce rapport montre à travers 22 exemples de réussites d’entreprises Biodiversité qu’il est possible de créer des activités économiquement viables tout en tenant la sauvegarde de la biodiversité comme un facteur primordial voire comme un outil de performance durable.
Ces entreprises biodiversité sont des entreprises commerciales qui génèrent des bénéfices au travers d’activités qui conservent la biodiversité, utilisent les ressources biologiques de façon durable et partagent équitablement les bénéfices provenant de cette utilisation. Ces entreprises répondent à une demande croissante dans le contexte de nouveaux marchés récompensant les produits et les services responsables.
Les entreprises biodiversité représentent ainsi entre 80 et 90% des acteurs du secteur de la foresterie (et 50% des emplois), plus de 95% dans le tourisme. Malheureusement un certain nombre d’entreprises échouent du point de vie commercial, et n’atteignent donc pas leurs objectifs de conservation, l’UICN a donc voulu explorer les difficultés rencontrées afin d’identifier les besoins (renforcement des capacités, commercialisation et besoins financiers) et en tirer des enseignements pour aider ces entreprises biodiversité à être encore plus performantes.
L’UICN publie donc 22 « success stories » allant de prestations d’écotourisme à des produits cosmétiques naturels en passant par des guides sur la faune sauvage.
Une des conclusions-clés est qu’un grand nombre des services et produits, développés et promus par les entreprises biodiversité ont été couronnés de succès du point de vue commercial grâce au rôle joué par un partenaire. Ces derniers ont pu joué des rôles différents : de co-financiers à fournisseurs, d’un appui technique ou en ouvrant des opportunités de commercialisation ou encore en incluant le produit ou les services dans leur filière d’approvisionnement.
Le rapport se clôt sur quelques réflexions d’experts au sujet des entreprises biodiversité autour de questions clés telles que : le rôle des gouvernements, l’efficacité des étiquettes écologiques ou bien encore le rôle de multinationales via leur programme de responsabilité sociale.
De plus les résultats de cette étude seront intégrer au rapport TEEB (l’Économie des écosystèmes et de la biodiversité) dont la phase II est en train d’être menée par Pavan Sukhdev.
Un autre lien avec le rapport « Le Temps des entreprises biodiversité » (non mentionné par l’UICN) pourrait être établi avec l’ESR (Ecosystem Services Review) : un nouvel outil stratégique développé par le WRI (World Ressources Institute), et déployé en France par INSPIRE. Cet outil permet d’analyser en profondeur les impacts et les dépendances des activités des entreprises vis à vis des services écologiques. Il offre ainsi une grille d’analyse permettant d’identifier quels sont les services écologiques les plus critiques pour une entreprise, un site ou une chaîne logistique, d’analyser les tendances pour ces services écologiques critiques, de détecter les menaces et les opportunités et de développer des alternatives stratégiques débouchant sur des décisions opérationnelles concrètes. Il propose donc un service complémentaire à l’approche de l’UICN : favoriser le développement d’entreprises responsables en aidant à mettre à place une stratégie commercialement viable et respectueuse de la biodiversité et des services écosystémiques.
Cliquez ici pour télécharger le document de l’IUCN : « Le temps des entreprises biodiversité »
A lire également ...
- L’ESR : un outil stratégique pour les entreprises face aux changements globaux
- L’ESR : un outil stratégique pour les entreprises face aux changements globaux
- L’approche économique de la biodiversité et des services liés aux éco systèmes
- Pour un fonds européen d’adaptation à l’environnement
- Inspire à la conférence des experts sur la taxe carbone































