L’économie de fonctionnalité : définition et état de l’art

Par Johan Van Niel, Doctorant, Université de Lausanne – Université Technologique de Troyes
Mai 2007

Introduction

La stratégie de dématérialisation des activités économiques, comme son nom l’indique, vise à limiter le plus possible la quantité de matières premières et d’énergie utilisée par les processus de production, d’échange et de consommation de biens et services. Cette stratégie très globale de mise en oeuvre du développement durable est en lien avec un ensemble diversifié d’approches, de méthodologies et d’outils, tels que l’éco-efficacité (parfois aussi appelée éco-efficience), la production propre (cleaner production), le facteur 4 et le facteur 10, l’écologie industrielle, le management environnemental, l’éco-conception, le métabolisme industriel, les analyses de cycle de vie… C’est également clairement dans cet axe que s’inscrit la stratégie thématique sur l’utilisation durable des ressources naturelles, récemment lancée par la Commission Européenne (European Commission, 2005), qui vise à développer des prescriptions en vue de l’intégration de la notion d’éco-efficacité dans les critères des politiques gouvernementales, dans l’objectif d’atteindre à une dissociation – ou découplage – entre croissance économique et consommation de ressources.

Comme on s’attachera à le démontrer plus bas, c’est très précisément à atteindre cette dissociation entre croissance économique et consommation de ressources que vise l’économie de fonctionnalité.

Définition

L’économie de fonctionnalité consiste en la substitution de la vente d’une fonction d’usage – un service – à celle d’un produit.

Selon Walter Stahel (2006), « l’économie de fonctionnalité, qui vise à optimiser l’utilisation – ou la fonction – des biens et services, se concentre sur la gestion des richesses existantes, sous la forme de produits, de connaissances ou encore de capital naturel. L’objectif économique en est de créer une valeur d’usage la plus élevée possible pendant le plus longtemps possible, tout en consommant le moins de ressources matérielles et d’énergie possible. Le but est d’atteindre ainsi une meilleure compétitivité et une augmentation des revenus des entreprises (…)1. »

L’idée sous-jacente au concept est que la valeur d’un produit pour le consommateur réside dans les bénéfices qu’il retire de son utilisation, et non dans la possession du produit en question. Les biens, les technologies et l’énergie mis en oeuvre lors de cette utilisation ne sont dès lors considérés que comme de simples moyens d’assurer la satisfaction des besoins des utilisateurs : dans une économie de fonctionnalité, les consommateurs achètent de la mobilité plutôt qu’un véhicule, un confort climatique plutôt que du gaz ou de l’électricité, un service de nettoyage plutôt qu’un lave-linge, etc. Dans une telle optique, la valeur économique du produit ne repose donc plus sur sa valeur d’échange, mais sur sa valeur d’usage. En découlent de profonds changements dans les relations entre producteurs et consommateurs.

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